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2018: Le paradoxe de la dégradation du marché de l'ancien

Alors que les taux de crédit sont particulièrement bas et que les conditions de crédit semblent optimales, on assiste à une baisse très importante de la production de crédits destinés au marché de l’ancien depuis le 1er semestre 2018 et ce recul se poursuit.

Cela ne s’était pas vu depuis le choc pétrolier de 1974 mais au mois de juillet, le taux d’intérêt réel négatif, c’est-à-dire corrigé de l’inflation, se situait à 1.43%. Pourtant, après observation des statistiques publiées par le CGEDD, le nombre de compromis signés s’inscrit dans la même tendance baissière que le nombre de productions de crédits pour le marché de l’ancien.

Qu’est-ce qui explique alors ce paradoxe ? La dégradation des aides personnelles et du PTZ s’est renforcée. Or, les banques ont continué à prêter à une clientèle modeste mais aussi, de manière générale, en gardant une certaine souplesse notamment en ce qui concerne les conditions d’octroi et le taux d’apport personnel exigé qui est devenu très bas, voire inexistant dans certains cas. A cela s’ajoute un taux de crédit trop bas selon l’ACPR et La Banque de France qui souhaitent clairement que les banques freinent leurs productions de crédits immobiliers, estimant que la marge de rentabilité n’est plus suffisante et que les durées sont trop longues.  En effet, les particuliers parviennent aujourd’hui à avoir des taux et des durées d’emprunt quasi équivalentes à celles de l’Etat.

Si le nombre de compromis baisse, les prix devraient baisser aussi. En réalité, les deux phénomènes ne sont pas intimement liés. En effet, les prix du marché de l’ancien baissent essentiellement dans les villes de plus de 100 000 habitants qui sont impactées par la baisse des aides personnelles. C’est le cas de Béziers ou de Perpignan notamment. En revanche, les villes ayant réussi à conjuguer dynamisme économique et transport restent attractives et maintiennent les prix du marché de l’ancien à la hausse.

D’après Michel Mouillart, Professeur d’économie à l’Université Paris Ouest, le phénomène de dégradation du marché de l’ancien va se poursuivre pour la fin de l’année 2018.